5ème épisode de notre conte de Noël : si beau et si douloureux à la fois !

 "Le petit cyprès"...

Les gens étaient tout bouleversés de ce qu'Il disait...

 

Certains comprenaient même qui Il était

Mais d'autres par derrière ruminaient

Quand tout le monde était parti, eux ils restaient.

 

Et le petit cyprès les entendait comploter

Ils disaient qu'ils voulaient Le mettre à mort

Oh ! S'il avait pu Lui parler alors

Il L'aurait sûrement prévenu du danger !

 

 
Soudain une bagarre a éclaté et tout s'est précipité

Il yen avait qui hurlaient: « Vas-y Barabbas ! Vas-y tue-les ! »

Alors le colosse l'a empoigné, lui qui n'était qu'un petit cyprès

Puis de toutes ses forces sur les soldats, il l'a projeté !

Mon Dieu ! ... et le sang s'est mis à couler.

 

«Oh Toi, Maître de la Vie

Comment as-Tu pu faire de moi un instrument de mort ! »

Et comme si la fureur du mal par le sang s'était calmée

En un instant la rébellion par les romains a été maîtrisée.

 

Et lui dans la tourmente, avec les prisonniers, il fut emporté

Ce sang dont son bois s'était imprégné

L'avait rendu coupable, condamné avec les condamnés

Dans une cave nauséabonde, il fut enfermé.

 

« Cette fois - pensait-il- c'en est bien fini

Sûrement plus jamais je ne le reverrai.

Avec toute cette humidité, je n'en ai plus pour très longtemps

Encore quelques années et je tomberai en poussière

Je ne suis plus bon à rien, tout juste à faire une potence. »

 

Un jour dans la caserne un vrai branle-bas de combat

Toute la cohorte fut appelée dans la cour pour s'amuser

Ils allaient voir un homme, on disait qu'Il était le Roi.

Quand ils le jetèrent au cachot, le petit cyprès le vit passer

« Oh ! Lui, ici ! Dans cette fange Il est venu me retrouver ! »

 

Ils l'avaient tellement battu qu'Il en était défiguré

Son dos était tout ravagé et c'est à peine s'Il tenait sur ses pieds

A ses yeux seuls, ils n'avaient pas pu toucher

Il y régnait toujours cette infinie et souveraine Bonté.

 

Q

uand le bourreau sur son dos voulut charger le petit cyprès

Le Seigneur le serra si fort dans ses bras

Qu'il en fut tout ému dans son cœur de bois

Il comprit alors combien Il l'avait aimé.

Ils furent tous les deux si étroitement liés...

 

A Suivre...

* Conte écrit par une moniale d'Orient